Les Signes de Surmenage (et/ou Surentraînement)

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Quand nous pratiquons un sport qui nous donne un effet d’euphorie et de bien-être, que nous en sommes à mettre un tee-shirt “monsport-addict”, que nous nous levons en pensant déjà à notre séance du soir et que nous sommes tout simplement devenu des workoutholic, il est parfois difficile de prendre un repos nécessaire et bénéfique.

Même sans en être là, il n’est pas toujours évident d’être connecté à nos besoins.

Alors que nous vivons avec une connexion quotidienne au monde extérieur, grâce ou à cause de la télévision, internet et la technologie qui en découle, nous en oublions le système de connexion le plus perfectionné qui existe, bien meilleur que n’importe quelle machine la plus performante, mieux que le dernier Iphone : le nôtre, celui de l’homo-sapiens. Nous sommes dotés d’un système de communication incroyable. Un système intégré et indépendant : grâce à notre cerveau, notre système nerveux, notre système hormonal…etc. Certains parleront aussi d’énergie, de ki ou de magnétisme. Nous sommes connecté à l’extérieur et aussi à l’intérieur. Nous communiquons avec notre environnement externe et nous communiquons aussi avec notre environnement interne.

Nous recevons les messages par nos émotions ainsi qu’avec nos sens.

Dans cette logique, notre corps communique. C’est ce qu’il fait lorsque nous avons mal par exemple, c’est un signal de notre corps en réponse à une situation. Un stimuli, qui peut être de l’extérieur comme de l’intérieur, provoque une réaction du système nerveux.

Si notre système de survie juge qu’une chose est dangereuse, il utilise notre système de communication interne pour nous prévenir.

Le surmenage fait partie de ces choses dangereuses, car il empêche le corps de bien fonctionner et donc de garder son intégrité. Comme toute chose, nous avons des limites, modifiables et non contournables.

Dans l’étude Mc Call sur les facteurs de risques, tests et stratégie de prévention des blessures sans contact dans le football professionnel, il a été demandé aux professionnels encadrants (docteurs, physiothérapeutes, en science du sport) de donner des points par ordre d’importance pour les facteurs de risques de blessures. Au final, sur cinq facteurs de risques, la fatigue est arrivée deuxième au classement.

Le surmenage est une fatigue installée sur le long terme. En somme, c’est comme faire un crédit à la banque, vous avez dépenser beaucoup d’argent d’un coup puis il faut rembourser. C’est pareil, si vous dépensez beaucoup d’énergie, il faut du repos pour rembourser cette dépense, ce qu’on appelle “récupération”. Si vous ne remboursez pas, au bout d’un moment, on vous bloque le compte. Le surmenage ne se fait pas sur une seule séance, ou une semaine, c’est une accumulation de petites fatigues qui s’installe sur le long terme jusqu’à épuiser les ressources. Il peut être dû à divers facteurs :

  • Activité physique trop soutenue
  • Activité intellectuelle trop soutenue
  • Peu de pauses entre les séances d’entrainements
  • Trop de répétitions
  • Pas assez de variété dans les mouvements
  • Entrainements non planifiés, déstructurés
  • Manque de sommeil
  • Difficulté à se relaxer, à faire “redescendre la pression”
  • Mauvaise alimentation
  • Difficulté à gérer les émotions au quotidien
  • Difficulté à gérer les stress
  • …etc.

Une trop grosse charge de travail sans le repos nécessaire va mettre le corps à mal. Il va donc communiquer pour nous faire ressentir ce mal et nous en avertir.

Voici quelques pistes pour reconnaître les signes de surmenage (ou surentraînement)

 

  • Votre progression stagne, voir régresse.

C’est le premier point car il est facile à reconnaître et c’est une situation qui déboussole parfois. Combien de fois ai-je vu sur les réseaux sociaux un appel au secours car les progressions stagnaient ou régressaient ?

Il est tout à fait normal d’avoir des progressions qui stagnent parfois. Vous pouvez être une fois dans votre période d’abondance et d’autre fois dans votre période de veille. Comme la planète a ses saisons, vous avez vos cycles. Il est bon de respecter ces cycles en les connaissant, les acceptant et en vous adaptant à eux. Vous avez des cycles dans la journée comme, bien connu chez les femmes, dans le mois et même dans l’année. Chaque personne est différente, c’est à vous d’explorer ces cycles et de mieux vous connaître. Par exemple, je sais que le matin je suis plus efficace pour faire des taches intellectuelles et dans l’après-midi des taches physiques, ça me permet de gérer mes journées en fonction.

En plus, la vie est fluctuante. Il y a des périodes tranquilles comme des périodes avec plus de stress. La vie est faite d’événements que nous ne pouvons prédire, les événements arrivent que nous le voulions ou non. C’est aussi à prendre en compte.

Pour idée, la courbe de progression ressemble plutôt à ça :

http://aseps.brassens.free.fr/Pages%20site/pages_contenu/muscutheor

Cette courbe est donc tout bonnement impossible :

Utopie

 

Bien que ça puisse être normal, une période de stagnation montre une certaine fatigue. Si cette période de stagnation continue un peu trop longtemps, ce peut être un signe de surmenage.

Il arrive que la progression régresse et ne remonte plus. Si cette régression tend à continuer sur le temps, c’est encore un signe éventuel que vous avez épuisé les ressources.

 

  • Vous avez plus mal que d’habitude.

Alors qu’habituellement vous faites vos étirements sans problème, et que vous trouvez même ça agréable, aujourd’hui vous avez mal, voir ça vous semble insupportable. Pas la peine d’aller plus loin. Des auto-massages et des exercices de respiration vous seront certainement plus bénéfiques. Cette situation peut être la même pour toute les pratiques : la contraction musculaire parait plus douloureuse, les mains sont plus sensibles…etc. Ce peut être une fatigue passagère et le lendemain tout rentrera dans l’ordre. Il faut respecter ces fatigues passagères pour mieux avancer. Si ça dure sur le temps, c’est peut-être plus que ça.

123RF/chainat

 

  • Vous vivez des montagnes russes émotionnelles.

Vous vous rendez compte que vous vous mettez en colère plus facilement. Les choses vous touchent plus que d’habitude. Vous prenez la mouche pour des situations habituellement bien gérées. Vous êtes plus facilement triste. Parfois vous avez même envie de pleurer. Les émotions sont un outil de communication important. Des sautes d’humeurs ou des émotions plus fortes que d’habitudes, sur une plus longue période qu’en temps normal, peuvent traduire un surmenage du corps et/ou du mental.

123RF/grigory_bruev

 

  • Vous êtes toujours fatigué(e).

Vous avez toujours l’impression d ‘être fatigué, quoique vous faites. Certains entrainements, qui d’habitude sont modérés, vous paraissent super difficiles…etc.  Ces sensations de fatigue sont un avertissement aussi.

123RF/samotrebizan

 

  • Tout vous semble être une montagne.

Alors qu’on vous demande d’accomplir une tâche, vous avez l’impression qu’on vous demande la lune sans que ce ne soit justifier. Peut-être avez-vous déjà trop de charges mentales à gérer.

123Rf/Konstantin Fedin

 

  • Votre sommeil est moins bon.

Vous avez du mal à dormir ou au contraire vous dormez beaucoup mais vous vous réveillez fatigué quand-même. Ces troubles du sommeil ne sont pas anodins.

Il y a d’autres signaux qui pourraient être ajoutés. Ils peuvent traduire d’une fatigue passagère, d’une période plus compliquée ou d’un passage à passer, il n’en est pas moins qu’il faut les prendre en compte pour mieux s’adapter. Vous pouvez enlever toute culpabilité à ne pas vous entrainer ou à faire autre chose. Les bons sportifs savent que le repos est autant important que l’entrainement, car c’est pendant ce repos que vous intégrez ce que vous avez fait. Sans lui, l’entrainement ne donnera pas ses fruits. Vous plantez la graine, il faut ensuite qu’elle germe, s’implante puis grandisse. Vous mettez de l’eau, vous aérez le sol, mais si vous en faites trop, ça ne poussera jamais.

123Rf/serjey

D’autres signaux peuvent intervenir : déséquilibres hormonaux, maladies fréquentes, blessures…etc.

Des idées pour une bonne récupération

  • Dormir plus tôt et plus longtemps
  • Mieux manger
  • Planifier les entrainements intelligemment
  • Prendre compte de votre condition physique actuelle
  • Vous adapter à chaque situation
  • Faire des activités de maintien (équilibrage du corps pour l’aider à mieux gérer les contraintes)
  • Faire des auto-massages ou vous faire masser
  • Faire des exercices de respiration
  • Faire des activités douces
  • Faire des séances de relaxation, sophrologie, hypnose ou méditation…etc.
  • Faire des activités de loisir que vous aimez
  • Prendre du temps pour lire un livre
  • …etc.

Petit lien utile : http://free-hypnosis-mp3.com/fr/telechargements

Nous ne sommes pas parfaits, même avec les connaissances, il n’est pas toujours évident de faire les bonnes choses, tellement il y a de facteurs à prendre en compte. C’est là l’importance d’être accompagnés de personnes externes qui sauront vous donner leur point de vue et leur conseil. Ce qui n’empêche pas que plus nous sommes au courant des choses, plus nous pouvons faire nos choix avec justesse.

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Source de l’étude :
– McCall A, Carling C, Nedelec M, Davison M, Le Gall F, Berthoin S and Dupont G. Injury risk factors, screening tests and preventative strategies: a systematic review of the evidence that underpins the perceptions and practices of 44 football (soccer) teams from various premier leagues.

Lydie Antonucci

Lydie Antonucci

Passionnée par les mouvements du corps et les sports au poids de corps, enseignante de Pole Sports, je recherche, je partage et je donne des cours et des stages pour participer à notre évolution.

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